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Contribution à la réflexion

Aide à la décision sous forme d'une note de lecture du Président Truyol

 


L’Éthique à l’épreuve des Technologies

Sous la Direction de Jean Michaud

Préface de Bernard Bourgeois

Première partie : l’ÉTHIQUE VUE PAR

Le magistrat : Louis Gendre

L’ingénieur et l’éthique : Jean Perrin

Entreprise et morale : Pierre-Edouard Noyelle

Philosophie et transformations scientifiques : Jean Svagelski

Éthique et armement : Alain Crémieux

Deuxième Partie : ÉTHIQUE ET MÉDECINE                                                                        Troisième Partie : À PROPOS D’ÉTHIQUE

Aux frontières de la vie embryonnaire : Jacques Montagut

Valeurs ajoutées, ou maintien de la valeur d’utilisation : l’effet pervers des modes : Walter Stahel

L’euthanasie : Denys Pellerin

La philosophie a-t-elle toujours quelque chose à nous dire aujourd’hui ? : Éric Fiat

Science, bioéthique et droit : Jean Michaud

En première analyse pour aborder nos problèmes environnementaux et éthiques, j’ai retenu les textes en gras avec les commentaires suivants : points critiques constituant les résumés et remarques en italiques

(Notons que l’ouvrage traite principalement des questions médicales)                                

Jean Slagelski, philosophe, ancien professeur de première supérieure,

« Philosophie et transformations scientifiques « (p. 55-84) illustre ses propos, après une remarque sur l’absence totale de philosophes au Comité consultatif national d’éthique, en citant successivement dans :

                Dans le Chemin de campagne :

Georges Friedmann pour lequel les sociétés industrielles (les nôtres pourtant) sont malades

Bergson indiquant que les sociétés humaines sont naturellement des sociétés fermées et renfermées, pour lui aussi la technique s’enracine dans la métaphysique., la mystique appelle la mécanique et l’inverse aussi, et enfin « seul le divin, ce qu’il y a de divin en l’homme peut nous sauver »

Heidegger notant l’indigence des pensées, et distinguant la pensée qui calcule et celle qui médite, définitions :

La pensée calculante est une pensée soutenue par le principe d’identité et de non-contradiction, donc linéairement rationnelle, la pensée méditante « exige de nous que nous ne fixions pas sur un seul aspect des choses, que nous ne soyons pas prisonniers d’une représentation, que nous ne nous lancions pas sur une voie unique dans une seule direction. La pensée méditante exige de nous que nous acceptions de nous arrêter sur des choses qui à première vue paraissent inconciliables »

Cette pensée délivre de la peur qu’il n’y a rien à attendre de la technique.

Ce discours d’Heidegger paraît, assorti d’un enthousiasme plus récent sur la pensée, méditante et constructive (comme nous le suggèrent les nanosciences), correspondre à l’approche souhaitable pour une innovation vers un développement durable

Dans Réel et Virtuel, l’auteur fait appel à :

Desanti qui défini pourquoi le philosophe est perplexe devant la constatation que « rien, jamais, nulle part, à nul moment, ne va tout seul ! » ; la 3e révolution historique de l’informatique nous a fait entrer dans le domaine du virtuel : définitions subséquentes :

Les possibles n’engendrent qu’un seul réel, effectif,

Le réel est l’abolition des possibles

Le virtuel est le triomphe des possibles, en conséquence

Le monde passe par les techniques de domination du virtuel conduisant à la mondialisation (irréversible), qui du point de vue économique et social une force déstabilisante. ; et comment on peut vivre selon le virtuel sans vivre dedans (source de violences)

(Une réponse me semble être dans l’approfondissement des sciences échangeant virtuel et réel – simulation, expérience informatique, physique : le chemin est à tracer)

Dans le 3e § Le Parti de l’Homme, l’auteur fait appel principalement à un autre philosophe Carguilhem pour revenir sur l’éthique médicale qui échappe à mon analyse, avec néanmoins une remarque générale : pour lui « il n’y a pas de solution définitive du problème moral parce que l’homme n’est pas un être fini » et l’auteur de conclure que :

On passe d’incertitudes en incertitudes, ce qui permet d’atténuer leur caractère intolérable et de rechercher et d’accepter des solutions approximatives ou incertaines, qui, dès lors, pour nous, sont vraies.

(je crois que cette conclusion philosophique peut servir de réflexion méthodologique aux sciences modernes développées dans les cadres de simulation numérique ou de calcul ab initio ou d’expérimentations atomiques, nano ou meso métriques en développement, pour mieux comprendre les systèmes complexes macroscopiques vivants et non-vivants)

Deuxième Partie : pour mémoire

Troisième Partie :

Walter Stahel : fondateur-directeur à Genève de l’Institut de la Durée

« Valeurs ajoutées, ou maintien de la valeur d’utilisation : l’effet pervers des modes « (277 -296) aborde franchement l’Économie durable :

Dans le rôle de l‘environnement :

L’auteur indique : bien que plusieurs grandes entreprises ont fait de grands pas en avant dans le domaine de la préservation de l’environnement et de la productivité de ressources, l’auteur indique que les analyses nationales et mondiales montrent que l’exploitation de la nature croît sans retenue.

Le rôle des acteurs sociaux : il est noté que sans une lutte efficace contre la pauvreté, toute discussion sur la protection de l’environnement est vaine.

L’événement du 11 septembre 2001 a cassé les habituelles estimations sur les risques majeurs : la définition du risque a été modifiée nous dit l’auteur.

Il note, à travers quelques exemples, que les avantages d’une plus grande compétitivité obtenus par des économies d’échelle des technologies centralisées sur les coûts de leurs catastrophes naturelles seront drastiquement réduits comparés à ceux des applications technologiques décentralisées, les primes d’assurance seront calculées en tenant compte des plus grandes catastrophes envisageables, ce qui entraîne un changement de réflexion radical dans le calcul et la gestion des risques ainsi que dans le choix des technologies.

Dans le § "les limites du certain" :

Il est montré la possibilité d’une société de service et de performance en boucles réapprovisionnées, (économie océan), plus durable comparée à une économie industrielle linéaire actuelle (économie de rivière).

Les emplois et revenus de services liés à la performance correspondent à une société basée sur l’ouvrier du savoir (knowledge worker). La notion de qualité d’une économie de performance s’appuie sur une optimisation systémique pendant une certaine durée de vie en remplacement de la qualité de la production d’un bien de l’économie industrielle, limitée par les conditions de garantie actuelles. Elle permet la mise en œuvre d’une stratégie efficace d’une préservation de ressources (matières premières) et de créations d’emploi (personnel de maintenance). Le prolongement de la durée d’utilisation des biens durables se traduit par une substitution d’énergie et de matériaux par du travail qualifié, en général dans des structures décentralisées.

Dans l’effet pervers des modes :

L’auteur stigmatise les effets de mode utilisés pour inciter les consommateurs à alimenter l’économie de rivière. Une économie d’océan nécessite une nouvelle relation de ces derniers avec les biens disponibles.

En conclusion, il est indiqué que la nouvelle démarche doit être donnant donnant, la durabilité des biens doit être profitable à la fois aux acteurs économiques et aux consommateurs.

La valeur économique centrale étant la valeur d’utilisation, l’acceptation de cette stratégie nécessitera d’être accompagnée par des actions de marketing ad hoc et de mesures fiscales adaptées. (par exemple : imposition des flux de matériaux plutôt que ceux de mains-d’œuvre) ou juridiques (par exemple : valeur d’utilisation plutôt que valeur vénale)

Éric Fiat : philosophe, Université de Marne-la-Vallée

« La philosophie a-t-elle toujours quelque chose à nous dire aujourd’hui ? « (p. 311-335) nous replonge, au départ, dans la mythologie grecque pour mieux nous présenter l’humanité d’aujourd’hui :

Dans l’ACTUALITÉ D’UN MYTHE TRÈS ANCIEN,

L’auteur nous rappelle le mythe de Protagoras raconté par Platon, où Prométhée apporte à l’homme (un bipède sans plumes) le feu dérobé à Héphaïstos et l’intelligence, technique,

dans les besoins de la vie, dérobé à Athéna, échouant à ravir l’art politique à Zeus

lui-même, comme introduction à un plaidoyer pour la philosophie.

 

                                                               Dans PRÉCARITÉ DE L’ÊTRE HUMAIN

L’auteur nous explique qu’ainsi l’homme est à ses commencements l’animal le plus fragile, le plus précaire, pauvre en instincts. La nature donne à l’animal des besoins et généralement les moyens (instinctifs) pour les satisfaire : « l’animal est dans le monde comme de l’eau à l’intérieur de l’eau » : Georges Bataille ; la bête est immanente à la nature, alors que l’homme est transcendant au reste du monde La technique donnée à l’homme lui a permis de sortir de son dénuement initial : ne pas savoir que faire (instinctivement) donne la possibilité d’inventer le monde objectivement. consciemment.

 

                                                              Dans D’UN AUTRE MYTHE TRÈS ANCIEN

L’auteur retient de l’histoire du paradis perdu la présentation de la prise de conscience de l’homme, de la distinction sujet/objet, y compris son propre corps par rapport à lui-même

 

Dans L’HOMME LE PLUS INQUIET DES VIVANTS…S’IL N’AVAIT DES HABITUDES                                                            

Par à rapport à l’animal accidentellement inquiet, il est dit que l’homme est inquiet dans ses profondeurs, de façon ontologique. Pour se tenir debout il a inventé ces techniques et ces habitudes qui suppléaient à l’absence d’instincts, mais l’habitude est un sommeil, il y a une possibilité de réveil de la conscience. L’habitude est rassurante, stabilisatrice, mais elle est dangereuse, elle engendre la routine, se fige en automatismes, c’est alors qu’il est nécessaire que l’homme se ressaisisse de lui-même, qu’il philosophe.

                                             

                                                                      Dans QU’EST-CE DONC QU’UN PHILOSOPHE ?

Définition de l’auteur : c’est un homme qui ne s’habitue jamais totalement au monde (ils s’étonnent de tout).

La philosophie est une manière de dissoudre les évidences massives, théoriques et pratiques, dans lesquelles les hommes se laissent prendre à force d’habitudes.

La philosophie n’est pas que l’amour du savoir, mais aussi de celui de la sagesse, elle n’est pas qu’une simple construction intellectuelle, selon Hegel, elle a jour tâche de « penser le présent ».

La technique formant notre monde plus qu’aucun autre jamais, pourquoi sans philosophie n’y a-t-il pas d’éthique digne de ce nom.

 

                                                                         Dans A LA RECHERCHE D’UNE DÉFINITION DE L’ÉTHIQUE

L’auteur cite une fable de la Fontaine, Livre second, Fable 2, où il est question de l’écart entre la délibération et l’action, pour opposer la morale et l’éthique, la première étant trop dogmatique comparée à la seconde qui tient compte des réalités de temps et de lieu, dans l’action pratique.          

 

                                                                            Dans les chapitres

LA VIE EXAMINÉE

LA SAGESSE PRATIQUE

UN EFFORT POUR LA RENDRE MOINS TRAGIQUE,

L’auteur déploie les trois déclinaisons de la définition de l’Éthique et de ses apports

 

                                                                            Dans NOBLESSE ET DANGERS DE LA TECHNIQUE

La référence à Platon par l’auteur, se confirme : il n’y a pas d’humanité sans technique.

La nature est dédivinisée et désanimée, successivement par le monohéisme et la métaphysique cartésienne.

(les excès actuels de la technique semblent entraîner un retour en arrière sur des deux

points)

                                                                            Dans les chapitres suivants

LE MONOTHÉISME

LA MÉTAPHYSIQUE CARTÉSIENNE

L’auteur s’attache à en faire la démonstration.
En conclusion il est redit que le propre de l’homme est la technique, mais c‘est aussi la maîtrise de la technique en particulier celle de la nature.

(Ceci définit en termes clairs les objectifs de notre académie)

                                                                                    Dans CE QUE HEIDEGGER NOUS DIT AUJOURD’HUI

Éric Fiat rappelle la vision pessimiste et pourtant inéluctable du philosophe :

« l’homme est provoqué à provoquer la nature », notre rapport à la nature serait devenu monstrueux, « mais là où il y a danger, là aussi croît ce qui sauve ».

                                                                                       En CONCLUSION

Il est dit que l’homme est sorti de la précarité grâce à la technique et à l’acquisition d’habitudes, mais il manquerait à sa vocation s’il ne philosophait, c'est-à-dire ne s’étonnait, ne s’émerveillait ou ne s’angoissait de vivre dans ce monde : l a philosophie reste ainsi fidèle à sa vocation qui est de penser pour mieux vivre.

(Peut-on ajouter, qu’aujourd’hui avec les derniers progrès de la technique, en science de l’information scientifique et de la connaissance intime du comportement de la matière, dans une réalité sans cesse renouvelée, les représentations virtuelles de la nature peuvent nous permettre d’assurer cette maîtrise constructive tant souhaitée).

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